
Qui se cache derrière le Domaine du Castillon ?

Mylène, 28 ans lors de la création du domaine en 2022, inconditionnelle amoureuse des chevaux depuis son plus jeune âge.
Mon histoire :
À l'âge de 13 ans, je quittais une vie parisienne pour intégrer une école agricole en Touraine où j'ai fait mes classes de la 3e au Bac Pro.
Puis une autre ou j'ai appris à transmettre cette passion au travers d'un cursus un peu différent avec un BPJEPS TE (orienté tourisme équestre) et finalement, c'est de la Touraine dont je suis tombé amoureuse.
Je ne suis jamais revenue vivre sur Paris enchaînant des expériences toutes plus différentes et variés me faisant réaliser à chaque fois que je ne trouverais ma place qu'une fois que je serais chez moi au cœur d'une structure qui me correspond.
Alliant professionnalisme bien sûr, mais surtout bien être équestre, respect du travail humain et préservation de l'environnement.
Un paris parfois difficile, mais qui me parait aujourd'hui possible grâce aux « structures de demain » comme les écuries actives notamment et à des labels encourageants et sérieux qui vois le jour depuis quelques années.
Pourquoi, Domaine du Castillon ?
Cette dénomination fais appel a la race de mon premier cheval, Cheval de Castillon, prénommé Montgarri.
Montgarri ... notre histoire :
Montgarri est un cheval originaire de la Vallée du Biros dans les Pyrénées, près de Castillon-en-Couserans dans le département de l’Ariège ; il appartient à cette race qui a failli disparaître dans les années 80, mais qui fut sauvée grâce à un petit groupe de passionnés et d’amis, le Castillonnais ariègeois. En 1996, la race fut reconnue officiellement par le Ministère de l’Agriculture comme race de sang (cheval de selle).
L’année de sa naissance en Avril 2000, il n'y avait que 200 spécimens répertoriés, ses origines montagnardes font de ce petit cheval, que l’on apparente comme cousin du Mérens, un animal costaud, travailleur, de santé robuste au caractère relativement docile. Je dis relativement docile car pour Montgarri ce ne fut absolument pas le cas… cabochard et dominant, son comportement difficile et imprévisible lui joua des tours dans les 10 premières années de sa vie… Après 3 ou 4 débourrages infructueux, aux méthodes sûrement douteuses, il fût acheté par mon école qui a essayé de reprendre son éducation en entamant un énième débourrage à l’âge de 9 ans. A cette époque, le traumatisme et les sévisses subits par Montgarri, que lui seul connaissait mais ne pouvait exprimer, nécessitaient plus qu’un débourrage, il lui fallait une remise en confiance totale de l’animal envers l’être humain. Passé de cavalier en cavalier, souvent peu expérimenté, dont la principale tâche en lycée professionnel est d’apprendre à monter et à maîtriser sa monture n’a pas du tout facilité son apprentissage et sa réadaptation au sein d’un Club. Il est devenu très fougueux, imprévisible, ingérable, sa peur initiale et cachée s’est transformée en une phobie permanente avec des départs intempestifs : il était devenu « immontable ».
Il y a dans la vie, des moments imperceptibles où vous sentez qu’il vous est impossible de vous incliner devant la plus grande évidence, ce jour je l’ai vécu quand j’ai compris que personne ne pouvais plus rien faire pour lui. Qu’il était arrivé au bout de ce chemin qui ne le mènerait nulle part si ce n’était vers un destin tragique. Les quelques cours où je suis restée sur son dos, et ce n’était pas chose facile, j’ai senti qu’il avait un potentiel, du répondant, comme un courant magnétique ce cheval m’attirait, me captivait et j’ai tout de suite su que c’était le cheval de ma vie. Du haut de mes 16 ans je me suis battue, j’ai soulevé des montagnes et j’ai remué ciel et terre pour lui permettre de devenir ce qu’il est aujourd’hui : un cheval d’exception. Cela nous a pris beaucoup de temps, il nous a fallu nous apprivoiser, nous comprendre et nous faire confiance l’un et l’autre. En me mettant le challenge de réussir son éducation Montgarri m’obligeait, de ce fait, à me lancer dans l’apprentissage de l’éthologie : comprendre, analyser son comportement passé et présent pour le guérir et réussir son Avenir. Les chevaux ont une mémoire sensorielle extraordinaire, j’ai passé des semaines, des mois à le désensibiliser de ses peurs et ses angoisses, le travail au sol, à la longe a été primordial pour gagner sa confiance et son respect.Au terme de 3 années de travail quasi quotidien, nous marchons enfin côte à côte dans la même direction sans pour autant relâcher nos efforts.Notre Avenir est désormais lié, je lui dois mes progrès, mes projets ; ma plus belle réussite et mon plus grand bonheur sont de le sentir à nouveau serein et confiant. Chacune de ses prouesses est une victoire et une revanche sur le passé.On me pose souvent la même question : « Qui des deux a choisi l’autre ? » Je pense que c’est lui, on dit que les animaux développent un sixième sens, j’étais la seule qu’il supportait, qui pouvait le calmer, l’apaiser.

En équitation pour désigner le cavalier et sa monture on parle de « couple », le mot n’est ni trop fort, ni inapproprié.Tout ce que nous accomplissons, nous l’apprenons ensemble pas à pas et chaque jour nous avançons un peu plus dans notre apprentissage grâce à la confiance et la persévérance. Lorsque nous sommes ensemble c’est une certitude, nous ne faisons plus qu’un…
